Le cinéma de science-fiction reflète également nos angoisses géopolitiques. Après la Seconde Guerre mondiale, dans le contexte de la Guerre froide et de la menace atomique, les écrans se peuplent de monstres venus d’ailleurs. Dans La Guerre des mondes (1953), une civilisation martienne surpuissante envahie notre planète.
Parallèlement, la course à la Lune entre les États-Unis et l’URSS nourrit l’imaginaire collectif. Mais le cinéma ne cherche pas seulement à montrer des fusées et des planètes lointaines, l’espace devient surtout un lieu où l’être humain se retrouve confronté à ses propres limites, à sa solitude et à l’inconnu comme dans Planète interdite (Fred M. Wilcox), 2001 : L’Odyssée de l’espace (Stanley Kubrick) ou encore Solaris (Andreï Tarkovski).
À l’écart du grand spectacle hollywoodien, le cinéma européen propose une autre voie. En France, François Truffaut (Fahrenheit 451) et Jean-Luc Godard (Alphaville) choisissent de filmer le futur au présent, transformant le décor quotidien de leur époque en une dystopie saisissante.
À partir des années 1960 et 1970, l’espace devient le terrain de la grande aventure. Star Trek privilégie l’exploration et la coopération entre les peuples, puis George Lucas révolutionne le genre avec Star Wars (1977). En mêlant épopée galactique, empires et chevaliers, il transforme le cosmos en une véritable mythologie moderne.
Le regard porté sur l’étranger se métamorphose également. Steven Spielberg fait de l’extraterrestre une figure amicale avec E.T. (1982), tandis que Ridley Scott choisit l’angoisse dans Alien (1979) en isolant un équipage face à un prédateur impitoyable.